Alep : L'activité redémarre pour les PME

Depuis janvier 2017, Alep respire, revit. Dans la foulée de la visite du Catholicos de la Grande Maison de Cilicie, Aram 1er, l'espoir d'un retour à la vie renaît. Se joignant à des organismes de secours, le Fonds Arménien s'est engagé à participer à l'effort de reconstruction. Dans le cadre des réunions qui se sont déroulées au Liban en 2017 en présence de Bedros Terzian, président du Fonds Arménien de France, 120 000 dollars (103 000 euros) ont été alloués au comité arménien unifié de secours d'Alep. Panser les plaies et bâtir l'avenir, cela passe par la reconstruction des infrastructures et le soutien à la reprise des activités des PME. D'après le comité de secours des Arméniens d'Alep, l'aide du Fonds Arménien de France sert à 2 objectifs :
  • Aide à la reconstruction des ateliers et des boutiques endommagés ;
  • Aide à la création de petites et moyennes entreprises (PME).
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D'octobre 2017 au mois de juin 2018, ce sont 510 demandes d'aide qui ont été présentées par des PME au Comité unitaire de la Communauté d'Alep pour reconstruire des ateliers endommagés. Des PME ont ainsi redémarré leur activité dans le quartier arménien de Nor Kiugh ; des librairies ont réouvert. « Une situation sans nulle comparaison avec celle des années précédentes ! » s'exclame Maria Kapriélian, journaliste basée à Alep jointe par le Courrier du Fonds Arménien.

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Le courant électrique et les canalisations d'eau ont été remis en état. Le problème de l'eau a été résolu. L'électricité fonctionne entre 16 et 20 heures par jour avec des tarifs très compétitifs. Mais reconstruire sous-entend également aider les familles exilées qui souhaitent retourner dans leur foyer. Ces retours se font lentement. D'après Maria Kapriélian, quelques familles sont revenues du Liban, d'Arménie, du Canada, du Brésil, une famille de Suède.
« On verra plus clair à la rentrée scolaire avec les élèves inscrits dans nos écoles ».

Redémarrage de la vie économique

« On observe un réel dynamisme au plan économique. La plupart des commerçants et des producteurs locaux ont redémarré leur activité. Il y a de nombreux investissements en provenance de Chine. Des restaurants ont réouvert, des piscines ont été reconstruites. Mais l'inflation est galopante, la dévalorisation de la livre syrienne et les bas salaires ont des effets négatifs sur le pouvoir d'achat »
explique Maria Kapriélian.
Au plan sécuritaire, la vie reprend ses droits. Cet été, les clubs et les associations ont organisé des camps d'été à Kessab, comme avant la guerre.
« Nous connaissons une situation semblable à celle d'avant la guerre. Mais quelques zones de tension demeurent dans les secteurs nord d'Alep où des groupes terroristes procèdent à des attaques ».
À l'évidence, la bataille pour reprendre le contrôle de l'enclave d'Idlib (contrôlée par la Turquie) sera décisive pour sécuriser l'ensemble de la zone.