Les parrains du Phonéthon 2016

Pour réussir le rendez vous de la paix

faf article2016 650x271
En cette année 2016, le Phonéthon a pour marraine et parrain Valérie Toranian et Nikos Aliagas.

Inutile de les présenter longuement. Valérie (Astrig pour les initiés), longtemps rédactrice en chef du magazine Elle, et maintenant directrice de la Revue des Deux Mondes, est devenue, la télévision aidant, une des figures emblématiques du monde médiatique. Cela notamment pour son combat pour les droits de la femme, avant de devenir le symbole de ce qu'on appelle l'intégration avec son best-seller « L'Etrangère », qui retrace le parcours d'une enfant qui découvre son arménité à travers sa grand-mère. Titre d'ouvrage particulièrement bienvenu à l'heure où chacun est censé descendre directement des Gaulois pour avoir droit à ses lettres de noblesse.

Tout comme Valérie, Nikos Aliagas, de parents grecs, est lui aussi né à Paris. Malgré l'absence d'ancêtres celtes, il obtient la nationalité française à l'âge de 18 ans. Si, pour Valérie, L'Etrangère était sa grand-mère, pour Nikos, L'Etranger, c'était lui. On connait son parcours de fils d'émigrés. Après un séjour à Radio-France Internationale, où il découpe des dépêches, il fait ses débuts au micro de... AYP FM, la radio arménienne de Paris. La voix de l'Arménie était grecque. Une voix qui s'est fait entendre plus tard sur TMC, France 2, LCI, RTL, et aujourd'hui sur TF1 et Europe 1. Celui que Canteloup appelle « le Grec » est maintenant la voix et le visage de la France.


Pourquoi leur avoir demandé de parrainer le Phonéthon 2016 ?

Les raisons en sont simples. D'abord, parce qu'ils ont manifesté, année après année, leur soutien indéfectible au Fonds Arménien et à son action. Ensuite parce que chaque Phonéthon devant avoir un visage, il importait de montrer que ceux qui tirent leurs racines d'un lointain ailleurs pour les planter en France sont aussi porteurs d'une valeur essentielle : la solidarité. Enfin, parce que leur solidarité et leur parrainage envoient un message à ceux qui labourent, plantent et construisent en Arménie : ils ne sont pas seuls. Aux côtés des bénévoles et des donateurs, ces discrets soldats de l'ombre, il y a aussi ceux qui œuvrent dans la lumière des projecteurs et qui offrent leur voix, leur visage à l'espace public. En faisant connaître leur soutien au Phonéthon, ils font connaître l'Arménie et le Karabagh.
Un soutien plus que jamais nécessaire. L'agression azérie d'avril 2016, on le sait, n'a pas été sans conséquence. Une ville et deux villages frontaliers ont été particulièrement touchés : Mardakert, Madaghis et Talish. Il faut reconstruire. D'abord parce que les populations qui se sont battues pied à pied pour garder chaque centimètre de leur terre méritent au moins un toit. Ensuite parce qu'il s'agit, pour eux et pour nous, de démontrer que ce qui a été détruit sera toujours reconstruit, que la solidarité sera toujours plus forte que la force, la violence et la haine, que la volonté de détruire ne prendra jamais le pas sur la volonté de construire. Il est un point des conflits où les villages deviennent des symboles. A portée de tir des snipers, ces villages sont la démonstration de nos valeurs.
Ecole de MadaghisEcole de Madaghis
Une volonté qui se manifeste au plus haut point au Karabagh. Chacun peut entendre sur Internet les propos des villageois où le Fonds Arménien a bâti des centres communautaires. Ce ne sont pas de simples édifices qui abritent la mairie, des dispensaires, des salles d'ordinateurs ou un espace de fête. Ce sont des lieux où les habitants du village partagent les joies et les difficultés de leur existence, s'apportent une aide mutuelle, portent les mêmes valeurs, en un mot, se reconstituent en communauté. Dans ces bâtiments ils se reconstruisent et, en se reconstruisant, ils bâtissent un pays et une nation.
Une nation qui ne se limite pas, d'ailleurs, aux frontières de l'Arménie et du Karabagh. Car l'Arménité est partout où se trouvent des Arméniens. Et aujourd'hui, l'Arménité se trouve aussi à Alep. On a cru un temps que la paix reviendrait. Mais de cessez-le-feu où le feu ne cesse pas, en trêve que l'on brise sans trêve, la paix recule. La vie des Arméniens d'Alep est toujours suspendue à notre solidarité. Sans compter les réfugiés d'Irak, dont on parle plus loin dans ce numéro.
IMG 0371Village de Talish
Tout cela pour dire que le Phonéthon 2016, comme les seize Phonéthons qui l'ont précédé, grâce à ses bénévoles et donateurs, permettra à ces populations de rester dans leurs maisons et sur leur terre, d'y vivre et d'y donner la vie. Vingt-trois ans déjà que l'œuvre de reconstruction du Fonds Arménien a commencé. Quand cela finira-t-il ? La réponse est évidente : le jour où le paysan de Talish pourra vendre ses tomates sur le marché de Bakou, le jour où l'ouvrier de Bakou pourra se faire soigner dans l'hôpital d'oncologie en construction à Stepanakert, le jour où le prêtre d'Alep pourra marier un couple d'Arméniens près de la mosquée de Raqqa, le jour où le réfugié de Mossoul pourra traverser tranquillement la Turquie pour baptiser son enfant à Etchmiadzine. A examiner le cours du monde, ce n'est pas pour demain.
DSC05497Bâtiment détruit à Mardakert
En revanche, ce qui est pour demain, c'est le rendez-vous du Phonéthon, qui permet aux Arméniens de continuer à bâtir leur histoire où qu'ils soient. Du 17 au 20 novembre à Paris, Lyon et Toulouse, et du 16 au 20 à Marseille, le Phonéthon 2016 sera, une fois de plus, le rendez-vous de la paix.