Phonéthon 2016 : Le devoir de Solidarité

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Le Phonéthon 2016 se déroulera cette année du 17 au 20 novembre pour Paris, Lyon et Toulouse, et du 16 au 19 novembre pour Marseille. Il sera placé sous le parrainage de Valérie Toranian et de Nikos Aliagas.
Cette année, le Fonds Arménien de France entre dans un tournant. Après le succès inattendu des centres communautaires au Karabagh, financés grâce aux derniers Phonéthons, nous allons cibler nos actions en Artsakh pour la reconstruction des maisons endommagés par la guerre notamment dans la ville de Madaghis, fortement affectée.

 

Arménie : Projets de développement agricole de la région du Tavush

1. Infrastructures & production

  • Achat de trayeuses modernes et automatiques pour les sept fermettes ;
  • Augmentation de la production fromagère de Lusadzor via l'achat d'un pasteurisateur ;
  • Poursuite des travaux d'aménagement et d'équipements des sept fermettes avec extension des zones de pâturage ;
  • Objectif : 130 vaches laitières d'ici 2018, 60 tonnes de fromage par an ;
  • Grâce à l'augmentation du cheptel (dû aux naissances de veaux femelles) et l'extension de la ferme de Lusadzor, d'ici à 2 ans, une production de 1400 litres/jour soit 170 kg de fromage en moyenne ;
  • Missions régulières d'un fromager français.
  • Intervention d'experts français spécialistes de la nutrition des vaches ;

2. Formation & ressources humaines

  • Poursuite des programmes de soutien aux 7 coopératives existantes ;
  • Amélioration du suivi humain et de la synergie entre les coopérateurs géographiquement éloignés de la ferme de Lusadzor ;
  • Aider les coopérateurs à mieux gérer leur budget ;

3. Culture

  • Poursuite de l'achat et de la distribution de plants d'arbres fruitiers ;
  • Poursuite de l'achat et de la collecte de kakis dont la demande est en pleine croissance ;
  • Poursuite et rationalisation de l'achat quotidien de lait auprès d'autres producteurs ;

4. Irrigation, élevage & Alpages

  • Développement des alpages (notamment à Kirants) qui ont l'avantage de fournir en grande quantité du fourrage gratuit de bonne qualité durant 4 à 5 mois ;
  • Réhabilitation partielle d'une route de 33 km au profit des éleveurs des 6 villages proches des alpages de Kirants et de la ferme de Lusadzor ;
  • Amélioration de l'irrigation pour plusieurs villages, mise en valeur des zones viticoles, extension de cultures (blé, maïs...)

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Syrie, cinq ans après ...

Voici cinq années que la communauté arménienne de Syrie survit dans la guerre. Malgré les bombardements, l'émigration et les pertes, les structures continuent non sans peine de fonctionner

L'été 2016 restera marqué dans les mémoires comme celui de la sanglante bataille d'Alep, un combat décisif qui scellera l'avenir de la Syrie martyrisée par cinq ans de guerre. Depuis la fin de mai la population arménienne retranchée dans ses quartiers sous contrôle loyaliste subit quotidiennement des bombardements d'une rare intensité. Jointe par le Courrier du Fonds arménien, Maria Kapriélian, journaliste basée à Alep, dresse un constat accablant :
« Ces derniers mois, la situation sécuritaire a empiré, les tirs des snipers, de roquettes et de barils de gaz ont causé des dégâts humains et matériels considérables ».
Du 3 au 5 juin 2016, un déluge de 38 obus s'est abattu sur le quartier arménien de Nor Kiugh (Midan) qui longe la ligne de front, tuant six Arméniens, endommageant des églises, des écoles, des clubs et des appartements, dont l'église arménienne de la sainte Trinité de Zvarnots, la Maternité et le foyer de personnes âgées Verjine Gulbenkian.
« Outre la crainte de voir leur immeuble s'effondrer sous les bombes, les habitants de nos quartiers souffrent de coupures d'électricité pendant des jours, voire des semaines entières, et l'eau courante est coupée en continu. Cela oblige les gens à s'approvisionner à des points d'eau précaires. Du fait de l'effondrement de la livre syrienne, les commerçants sont contraints de doubler le prix des biens de première nécessité »

C'est dans ce contexte dramatique que les élèves des écoles arméniennes ont passé les examens du Brevet (avec un taux de réussite de 100% pour le lycée Najarian Calouste Gulbenkian et de 93% pour le lycée Karen Jeppe Djémaran) et du Baccalauréat. Bien que fonctionnant en effectifs réduits, les établissements scolaires de la communauté arménienne de Syrie, dont les salaires des enseignants et du corps administratifs sont en partie couverts par le Fonds arménien de France, s'acquittent courageusement de leur mission.
Depuis 2013, 390 000 euros ont été transférés à Alep via le Catholicossat de Cilicie (Antélias). Cette année se sont à nouveau 50 000 euros que le Fonds Arménien de France va transférer à cet effet. Alors que le nombre des Arméniens d'Alep diminue, ils sont nombreux encore à s'accrocher envers et contre tout à la terre de Syrie, de Kessab à Qamichli où le lycée Azkayin Eprad Varjaran a clôturé son année scolaire en espérant des jours meilleurs. Mais à quel prix ! Les Arméniens continuent de payer un lourd tribut à la guerre civile. Entre le 1er février 2012 et le 30 août 2016, on déplorait 128 tués (dont 25 morts au combat et 99 tués lors des bombardements), 362 blessés et 110 otages (dont deux ont été exécutés). Au plan matériel, plus de 1000 appartements ont été partiellement détruits, 150 appartements complètement détruits à cela s'ajoute les dégâts mineurs causés par des explosions (portes et fenêtres brisées) sans parler des destructions causées par les incendies et les pillages.

« Nous n'avons pas le droit d'être pessimistes, car si nous le devenons c'est la mort assurée »
lance Lala Minassian, enseignante d'arménien et écrivaine.

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Artsakh : Réparation des maisons endommagés par la guerre des 4 jours dans le village de Madaghis

Malgré la situation d'urgence causée par l'agression militaire azérie en avril 2016, le Fonds Arménien entend poursuivre en 2017 ses projets dans les réseaux d'eau potable, la construction de centres communautaires ruraux, l'éducation et la santé sur la terre de l'Artsakh, en partenariat avec le gouvernement de la République du Haut Karabagh, qui participent activement au financement des projets. Cette année marque également l'aboutissement de notre projet de constructions de centres communautaires que nous avons pu mener à bien avec le concours de toutes les sections du Fonds Arménien. La solidarité pan arménienne a permis une véritable petite révolution dans la vie quotidienne des villageois de l'Artsakh.