TÉMOIGNAGE - Ma première visite en Artsakh
[11 novembre 2023] - Bedros Terzian

C’était à la mi-septembre 1994, soit quatre mois après le cessez-le-feu de Bichkek, qui avait arrêté la « première guerre » en Artsakh. Une délégation du Fonds Arménien s’est rendue sur place pour évaluer les besoins. Je m’en souviendrai toujours. Nous avons mis une demi-journée pour aller de Goris à Stepanakert (50 km), car il n’y avait pas de route reliant l’Arménie à l’Artsakh. Juste une vieille piste de montagne. A Latchine, deux familles seulement et des rues parsemées de milliers de douilles. Stepanakert n’était qu’une bourgade. On a logé « chez l’habitant » : pas d’hôtel. Puis, tournée de villages et d’autres « villes ». Pèlerinage au monastère de Kantsassar, merveille de l’architecture arménienne, jadis siège de catholicossat, mais délaissé sous le joug azéri. Partout, un état de sous-développement incroyable : pendant 70 ans, les Azéris avaient laissé l’Artsakh démuni de toute infrastructure. Ni routes, ni canalisations d’eau dans les villages ; des écoles délabrées, des meubles de classes cassés, … Tout avait été fait pour inciter la population à partir vers des cieux plus cléments. Le plus impressionnant fut le survol du Karabagh en hélicoptère : on comptait sur les doigts d’une main les maisons qui avaient encore un toit dans les villages. La guerre avait tout détruit. Le Fonds Arménien s’est attelé à la tâche : pendant 25 ans, sans relâche, nous avons construit. Nous avons fait notre devoir humanitaire.

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