Les temps changent en Arménie et appellent à des adaptations. Premier grand changement : les recettes de l’État ont plus que triplé en six ans, à 6,5 G€ en 2025, grâce au recul de la corruption, à la croissance économique (7,5 %/an sur 2021-25) et une meilleure collecte des impôts et droits. De ce fait, l’État a pu considérablement accélérer la réalisation de grands travaux comme la percée de routes et la construction d’écoles (350 au total). Le Fonds Arménien a moins à faire dans ces domaines. Deuxième changement notoire, sur un tout autre plan : les distributions de plants d’arbres, de légumineux et de semences auxquelles le Fonds Arménien de France a procédé ces 6-7 dernières années ont engendré une augmentation signi cative des récoltes, surtout au Tavush et au Syunik, et cela va s’ampli er. Un exemple : les 600 000 arbres fruitiers plantés à ce jour doivent donner, à maturité, quelque 60 000 tonnes/an de fruits. C’est à comparer aux 500 000 tonnes/an de fruits que l’Arménie produisait au début de notre campagne. Une hausse de 12 %, à terme.
Quelles conséquences avons-nous tirées de ces évolutions ? Deux, principalement. Premièrement, le Fonds se consacre davantage à des projets où sa valeur ajoutée est la plus élevée. C’est le cas de l’enseignement technique (lycée professionnel Patrick Devedjian du Tavush couplé à la ferme-école de Lusadzor) et des stages de formations organisés pour les agriculteurs, éleveurs, apiculteurs des provinces bénéficiaires. A chaque fois, l’apport en savoir-faire français est apprécié. Deuxième voie : comme les productions agricoles augmentent, nous agissons pour améliorer leur valorisation commerciale en apportant une aide aux coopératives, à la création d’entrepôts frigoriques, d’unités de séchage de fruits, etc. Soutien social et développement économique vont donc de pair.
Notre présence sur le terrain nous permet de repérer les besoins les plus urgents. Et nous pouvons agir vite, au moindre coût. L’exemple le plus récent est celui du canal de Spendaryan, aux retombées si importantes. Autre exemple : les maisons rurales rénovées pour les familles déplacées d’Artsakh.
Beaucoup reste à faire. Des dizaines de villages manquent d’eau potable. En outre, près de 60 % des 480 000 hectares de terres cultivables d’Arménie (soit 280 000 hectares) ne sont pas encore irrigués faute d’infrastructures adéquates. La bataille de l’eau est planétaire. Mais celle de la sécurité alimentaire d’un pays enclavé est tout simplement vitale.
