Nous voici devant des tâches nouvelles, en Arménie. Nous nous y attendions ; nous le souhaitions. La situation a changé. L’effort engagé depuis plusieurs années dans trois provinces frontalières – où quelque 700 000 plants d’arbres fruitiers et plus de 21 millions de plants de légumes ont été distribués à ce jour, près de 250 serres, environ 700 tonnes de semences, et la construction de plusieurs réseaux d’irrigation, le tout accompagné de dizaines de stages de formation très appréciés des bénéficiaires – a débouché sur une augmentation de la production agricole. Cette augmentation, prévisible, souhaitée, va se poursuivre et même s’amplifier, avec la rénovation du canal de Spandaryan (36 km), qui est en cours. L’arrivée de l’eau va permettre d’exploiter quelque 2 800 ha de terres additionnelles dans le Syunik. Elle entraînera une hausse de 7 % des superficies irriguées dans cette province avec, probablement, une augmentation des productions du même ordre de grandeur. Il faut donc maintenant passer à une nouvelle étape et accompagner les agriculteurs dans les domaines de la logistique, de la transformation, la conservation et la commercialisation de leurs productions. D’autant plus que les distances sont considérables parfois entre les régions de production où nos équipes travaillent et les grands marchés d’Erevan, la capitale, et ses alentours.
Ces tâches nouvelles sont les bienvenues, car elles marquent un nouveau cap dans le processus de développement économique. Il faut aussi, là où cela est nécessaire, susciter et accompagner la création de coopératives. Jusqu’à présent, les agriculteurs arméniens étaient réticents à ce concept (les coopératives leur rappelaient les kolkhozes soviétiques…), mais ils y adhèrent de plus en plus, car ils en constatent les bénéfices (« l’union fait la force » …).
En Arménie, nos équipes travaillent activement sur ces nouvelles pistes et nous sommes de plus en plus sollicités par les agriculteurs eux-mêmes. C’est bien plus complexe que les tâches accomplies jusqu’ici, mais c’est nécessaire et encourageant. D’autant plus que, nous le savons, l’expérience que nous aurons acquise dans cette nouvelle phase pourra servir, demain, lorsque des tâches analogues s’imposeront pour valoriser la production de miel, dont nous encourageons fortement l’essor par la distribution de ruches, de colonies d’abeilles et l’organisation de stages de formation.
