ÉCOLES DE TEGH ET DE KAPAN
Du soleil pour des repas chauds
[19 février 2026] - Olivier Merlet

Dans les régions rurales d'Arménie marquées par la pauvreté et l’exode, l'insécurité alimentaire frappe près d'une famille sur trois ;  plus d’un enfant sur deux part à l'école le ventre vide. Difficile, dans ces conditions de rester attentif toute la journée. Deux écoles des localités frontalières de Tegh et de Kapan, dans le Syunik, s'apprêtent cependant à changer la vie de leurs élèves grâce à une idée lumineuse : transformer la lumière du soleil en repas chauds et équilibrés. En utilisant l’énergie solaire pour alléger la facture d’électricité, chaque dram économisé pourra être consacré à améliorer la qualité et la quantité des repas servis à la cantine.

Porté par le Fonds Arménien de France, en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM), le projet a permis l'installation de stations solaires photovoltaïques dans les deux établissements. Les économies générées — plus de 3000 euros par école et par an — seront intégralement consacrées à améliorer l’alimentation scolaire. D’un montant total de 24000 euros, le programme est cofinancé par le SIGEIF (principal bailleur et syndicat francilien de l’énergie), le Fonds Arménien de France, ainsi que par les communautés de communes de Tegh et de Kapan. « Chaque installation comprend 35 panneaux photovoltaïques de 580 watts chacun », indique Suren Guloyan, ingénieur du Fonds Arménien Hayastan, le maître d’œuvre du projet. « Ils sont raccordés à 2 onduleurs pour une puissance maximale de 20 kWc. Le système sera bientôt raccordé au réseau général et permettra à l'école de bénéficier en hiver d'un tarif préférentiel, proportionnel à l'électricité injectée dans le réseau durant l'été ».

Direction et enseignants ont pleinement conscience de l’importance des besoins alimentaires de leurs élèves et se réjouissent de la mise en service des nouvelles installations. 
Il faut dire que depuis 2010, les enfants des 10 régions d’Arménie (hors Erevan) bénéficient déjà d’un repas 6 quotidien dans le cadre du programme d'alimentation scolaire initié et géré par le PAM puis transféré progressivement au gouvernement arménien. Ce programme, toujours mené en étroite collaboration avec le PAM, permet de fournir quotidiennement des repas chauds à plus de 108000 écoliers d’Arménie. 

Ecole de Kapan et de Tegh

En 2020, le PAM et le gouvernement arménien ont lancé une nouvelle phase du programme d'alimentation scolaire pour renforcer l'autonomie des écoles en introduisant des technologies vertes, notamment des panneaux solaires, dans le cadre d'approches alliant alimentation scolaire et développement communautaire. Les revenus provenant de l'exploitation des panneaux photovoltaïques sont destinés à diversifier le menu des repas scolaires des enfants. L'électricité produite couvre les besoins de l’établissement, les économies générées et la vente de surplus éventuel permettant de dégager des fonds pour financer le programme d'alimentation scolaire sur le long terme (environ 25 ans, la durée de vie des panneaux solaires) voire de couvrir d'autres dépenses.

C’est le cas dans les écoles n°1 de Tegh et n°8 de Kapan. Les stations solaires installées permettront aux 108 enfants des classes primaires de bénéficier quotidiennement de repas améliorés, plus équilibrés et plus nutritifs grâce aux économies réalisées sur les factures d’électricité.

Dans la mesure du possible, les aliments seront fournis par des producteurs locaux. Ils proviendront également de deux serres de 200 m² installées sur le terrain de l’école grâce au PAM. Encadrés par des spécialistes, les élèves y cultivent tomates, poivrons, concombres, ainsi que des fraises en culture hydroponique. Les bénéfices de ces installations ne se limitent pas à l'aspect alimentaire. Liana Sargsyan, la professeure d'arménien, souligne qu'elles ont tout d’abord permis de transmettre aux enfants « le sens de la responsabilité et de leur appartenance à cette communauté qui leur garantit une alimentation saine et durable ». Ceux-ci ne se font d'ailleurs pas prier pour faire visiter leur cantine. « C'est ici qu'on prépare nos repas et que nous mangeons », annonce  fièrement Varujan, 10 ans, qui n'a pas la langue dans sa poche. En montrant d'un geste large les cuisines et la salle à manger, il déclare être bon élève, que le russe et l'anglais sont ses matières préférées, après le sport bien sûr. « Certains jours, nous mangeons des perashkis*, de la viande avec des légumes verts, des saucisses, du riz, des soupes... Moi, ce que préfère, ce sont les œufs avec du pain... C'est bon pour la santé : ça aide le cerveau à bien fonctionner ! ».

*Perashkis :  beignets fourrés de purée de pommes de terre.

LE PROGRAMME EST COFINANCÉ PAR LE SIGEIF, LE FONDS ARMÉNIEN DE FRANCE, AINSI QUE PAR LES COMMUNAUTÉS DE COMMUNES DE TEGH ET DE KAPAN.

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