Alan Torossian : « Cette expérience m’a ouvert les yeux sur l’Arménie »
Quand on a la chance de trouver le bonheur, on a envie de le partager avec le maximum de monde ! Cette chance, c’est celle d’Alan, spécialiste en marketing et communication originaire de Lyon, qui s’est laissé tenter par une vie en Arménie, il y a quatre ans. Tout au long de son parcours sur place, il est resté fidèle à sa mission : faire le pont entre l’Arménie et la diaspora.
Quel est votre parcours en tant qu’Arménien de France ?
Alan Torossian : Je suis né et j’ai grandi à Lyon. Trois de mes grands-parents viennent du Liban et un est originaire de Bulgarie. Ma mère est née en Arménie et s’est ensuite installée en France où elle a rencontré mon père qui est né et a grandi là-bas. J’ai baigné dans la communauté depuis mon plus jeune âge : jusqu’à mes dix ans, je suis allé à l'école Markarian Papazian de Lyon et par la suite, j’ai fait partie de la troupe de danse Naïri.
Comment s’est construite votre relation à l’Arménie ?
A. T. : Avec mes parents, on venait en Arménie tous les quatre ans, l’été, pour voir la famille de ma mère. En 2019, j’ai décidé de faire mon stage de Master en Arménie, dans le cadre de Birthright Armenia. A l’époque, j’étudiais le marketing digital en école de commerce. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur l’Arménie et sur ses possibilités. J’ai vraiment pu découvrir le pays et rencontrer beaucoup d’Arméniens de la diaspora et de locaux. J’ai fait mon volontariat dans l’agence de marketing DeeM Communications, ainsi que dans l’équipe marketing de Birthright. Par le biais de DeeM, j’ai participé à une publicité pour Carrefour Armenia et, cet été-là, ma tête était partout, à la télé, dans les rues et jusque dans les cages d’ascenseur !
Etes-vous resté après votre période de volontariat ?
A. T. : Non, je suis rentré en France pour finir mes études. Et puis, il y a eu le Covid, la guerre ; c’était une période assez compliquée, surtout pour trouver du travail dans ma filière. Un jour, ma mère, qui se préparait à partir en Arménie, m’a proposé à la dernière minute de partir avec elle. Je devais rester deux semaines. Sur place, j’avais pas mal d’amis qui étaient restés après leur volontariat ou qui étaient revenus. Et je me suis dit : « Pourquoi ne pas rester et travailler ici ? ». J’ai eu de la chance car à ce moment-là, il y avait un forum pour l’emploi organisé par Birthright Armenia et Repat Armenia. J’ai passé plusieurs entretiens, dont un avec le Haut-Commissariat aux Affaires de la Diaspora, qui m’a proposé d’intégrer le programme iGorts1. J’ai travaillé pendant un an dans leur équipe média où j’étais à la tête de deux projets dont je suis assez fi er : le podcast vidéo « DiasPROա » qui présente des professionnels qui se sont installés en Arménie, et la campagne « Homecoming Leaders », qui présente les retours en Arménie d’un point de vue à la fois personnel et professionnel.
Justement, comment a évolué votre parcours professionnel ?
A. T. : Après iGorts, j’ai travaillé quelques mois pour Birthright Armenia en tant que spécialiste communication, et j’ai ensuite rejoint la Hovnanian Family Foundation où j’étais chargé du marketing de toutes les ONG2 de la fon dation. C’était une expérience très riche, car je devais créer du contenu pour différents types de secteurs, avec différents publics-cibles, en collaboration avec des photographes, des vidéastes, des graphistes, etc. Pendant ces deux ans, j’ai vraiment l’impression qu’il y a eu un boum au niveau du nombre de bé névoles. J’ai aussi fait des présentations en France et j’ai eu le bonheur de revoir en Arménie des jeunes qui avaient participé à mes événements ! Depuis un an, je travaille de nouveau pour le Haut-Commissariat, cette fois en tant que consultant pour l’équipe média, en liaison
avec les communautés arméniennes d’Europe. Chaque année, nous organisons en alternance un grand événement pan-arménien : le Sommet arménien mondial et le Forum de la jeunesse arménienne.
Avez-vous des projets en parallèle de votre travail ?
A. T. : Avec ma femme Louisa – oui, je suis marié depuis quelques mois ! – j’aimerais bien proposer un service pour aider les Arméniens de la diaspora ou les étrangers dans les démarches basiques du quotidien. L’idée, c’est d’accompagner les voyageurs à chaque étape de leur séjour en leur offrant une assistance personnalisée pour l’hébergement, les transports, les démarches administratives, la santé, les urgences et l’organisation d’expériences culturelles sur mesure. « L’Arrival Conciergerie » est un outil pour orienter dans la bonne direction les gens qui ne connaissent pas la langue ou qui n’ont pas les bonnes adresses. Nous avons déjà commencé sur les réseaux sociaux et prévoyons à l’avenir de créer une application ou une plateforme en ligne.
1. Programme permettant aux professionnels arméniens de la diaspora de travailler dans le secteur public arménien.
2. Armenian Volunteer Corps, Birthright Armenia, Repat Armenia et HIKEArmenia.
